Merci pour le cadeau de Noël!
Si les plaisirs de la table deviennent une affaire politique, qu’en est-il de la période des fêtes? Peu d’autres moments de l’année sont autant synonymes de partage et de bonne chère. Les repas festifs sont l’expression de la convivialité et de la joie de vivre. Après les fêtes, certains regretteront sans doute d’avoir mangé un ou deux biscuits de trop. Et pourtant, chaque année, le phénomène est récurrent: les plaisirs de la table reflètent la qualité de vie, pour autant que notre attitude soit responsable et consciente. C’est précisément cet esprit qui caractérise la restauration suisse et qui devrait également guider la politique.
Actuellement, les deux chambres du Parlement examinent plusieurs objets qui auront un impact certain sur la culture gastronomique. C’est le cas de l’initiative visant à interdire l’importation de foie gras, une spécialité de Noël traditionnelle, notamment en Suisse romande. Interdire les produits à base de foie gras n’améliore pas le bien-être animal. Cela ne fait que déplacer la consommation à l’étranger et creuser encore davantage le fossé entre les régions linguistiques. GastroSuisse s’engage en faveur d’une contre-proposition avec des exigences de production strictes, qui influence efficacement le bien-être animal et ne méprise pas la culture francophone. Des normes plus strictes favorisent aussi des prix plus élevés et une consommation plus consciente. L’initiative cantonale du Jura va encore plus loin en voulant interdire toutes les importations alimentaires qui ne répondent pas aux exigences helvétiques. Mais quelle absurdité! Le Conseil des États se prononcera sur cette initiative le 18 décembre 2025.
L’alcool est aussi pris pour cible actuellement. Une prévention excessive de la consommation d’alcool stigmatise globalement le plaisir de la dégustation. En conséquence, avec la nouvelle alliance Gaudium Suisse, GastroSuisse demande de suspendre l’adoption de nouvelles recommandations sur l’alcool. Une prévention judicieuse repose sur le bon sens et la rigueur scientifique, et non sur la tolérance zéro idéologique.
Noël prouve bien que les plaisirs de la table ne sont pas un problème, mais une source de bien-être. Ceux qui veulent les interdire ou les diaboliser à travers la politique ne s’en prennent pas seulement aux produits, mais à la société également. Cultivons un sens du plaisir conscient dans notre mode de vie, à Noël et de manière générale.
Beat Imhof, président